26.03.2007

Bayrou dénonce "la névrose de l'identité"

 

« HONORER la nation, c'est bien. Mais il ne faut pas sombrer dans la névrose perpétuelle de l'identité. » Depuis la Réunion, samedi, François Bayrou s'est nettement démarqué de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, mettant en garde les candidats PS et UMP contre « l'obsession nationaliste ».

 « Peut-être que je suis libertaire, mais cela ne ressemble pas à l'idée que je me fais de la démocratie. En tout cas, si je suis président de la République, je ne ferai pas de circulaires pour expliquer aux Français comment aimer la France », a déclaré le président de l'UDF. « Tout cela donne le sentiment que les idées de Le Pen envahissent l'esprit des deux candidats. J'ai vraiment l'impression que l'un et l'autre ont un problème avec la question de l'immigration », a ajouté Bayrou, assurant qu'il ferait son possible pour que la campagne électorale « ne dérape pas sur les thèmes de l'immigration et de l'identité nationale ».

 Hier, de retour à Paris, il a renouvelé ses critiques contre ses deux rivaux, accusés de se livrer à « une course-poursuite » sur l'identité nationale, qui à ses yeux « n'est pas la question de la présidentielle ». « La nation a des problèmes, mais la nation n'est pas un problème », a-t-il dit au « Forum Radio J ». « Je ne participerai pas à cette course-poursuite dont on sait où elle commence et dont on devrait savoir aussi où elle peut aller », a-t-il ajouté.

 Le cinquième DOM

 Après sa visite à la Réunion, le président de l'UDF s'est envolé pour Mayotte, où il est resté deux heures. À son arrivée à Mamoudzou, François Bayrou s'est fait prédire un destin national par Saïd Omar Oili, président (DVD) du conseil général de Mayotte. « Ici, tous les marabouts ont déjà dit que vous serez président de la République », lui a-t-il lancé.

 Un collier de fleurs d'ylang-ylang au coup, Bayrou promet, s'il est élu, de faire de cette collectivité ultramarine le cinquième département d'outre-mer français.

 Sénateur MDM (Mouvement départementaliste mahorais, affilié à l'UDF), Adrien Giraud applaudit. « Mayotte te fait confiance, car c'est grâce à ta famille politique, qu'en 1974, elle a pu rester française », dit-il. À l'époque, en effet, cette île des Comores avait choisi par référendum de rester un territoire français d'outre-mer (TOM), tandis que la Grande Comore, Anjouan et Mohéli prenaient leur indépendance.

 Le candidat ne fera pas d'autres promesses, « contrairement à d'autres candidats qui finissent par ne pas se souvenir de leurs promesses, tellement ils en font ».

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