03.04.2007
"Tout change le 22 au soir !"
Jean-Christophe Lagarde à l'émission Les grandes gueules sur RMC Info
Jean-Christophe Lagarde était l'invité de l'émission de RMC, Les Grandes Gueules. L'occasion de revenir sur la suppression de l'ENA. Ces élites qui s'auto-entretiennent. L'oxygène dont le système a besoin. La légitimité de la candidature de François Bayrou. Commenter les sondages dont plus personne ne fait grand cas. De parler aux auditeurs de RMC de la dette qui nous menace. Du projet alternatif de François Bayrou.
La suppression de l'Ecole nationale d'administration est pour Jean-Christophe Lagarde une nécessité. François Bayrou l'a évoquée alors qu'il était en voyage en Outre-Mer. C'est une école ù l'on trie les élèves à vingt ans et qui deviennent une caste. Ils se voient entre eux, se reproduisent entre eux. Dominique de Villepin, Ségolène Royal, François Hollande sont sortis de l'Ecole nationale d'administration. Ces gens sont destinés à diriger le pays. Mais pourquoi seulement eux, se demande le député de la Seine-Saint-Denis. François Bayrou veut remplacer cette école par une autre sorte d'école qui ne serait consacrée qu'au services publics. Par ailleurs, une question se pose en annexe de la suppression de l'Ecole nationale d'administration, c'est l'âge limite de participation aux concours de la fonction publique. Pourquoi au-dessus de quarante-cinq ans deviendrait-on inadmissible ? On a bien plus besoin d'expérience dans les postes à responsabilités que dans tous les autres, affirme-t-il.
L'Ecole nationale d'administration reste aujourd'hui une affaire de « caste ». Dix mille personnes en France qui se partagent le pouvoir. François Bayrou martèle depuis plus de deux ans maintenant que l'on ne peut plus continuer de la sorte. Effectivement, quand des personnes sorties de cette école consacrent dix ans de leur vie au service de l'Etat, dix années à se construire un beau carnet d'adresses, elles vont aussitôt le vendre dans le secteur privé. C'est ce que l'on appelle le pantouflage. Il est temps d'y mettre fin. De plus, comment ne pas soupçonner ceux qui dirigent l'Etat de collusion avec les dirigeants des grandes entreprises quand ils proviennent des mêmes milieux, des mêmes castes.
Les énarques devraient être à la disposition des hommes politiques. C'est de leur expertise sur des dossiers que nous avons besoin. Mais à la fin des fins, c'est le politique qui tranche, pas le technicien. Et l'idée de faire venir des gens du secteur privé dans les administrations sans qu'ils aient à passer un concours pourrait aussi être à étudier. Cela implique évidemment un changement des mentalités que seule l'élection de François Bayrou pourrait provoquer. Ces gens pensent tous trop la même chose. Il faut de la diversité. Oxygéner la société française.
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