12.04.2007
Interview de Jean Peyrelevade
L’Etat est impuissant et impécunieux - 10.04.07
Conseiller de François Bayrou, Jean Peyrelevade s’est présenté comme un homme de "la gauche gestionnaire et réformiste". Il considère que nos mauvaises performances économiques proviennent d’un problème d’offre et non de demande. Il a jugé l’Etat "impécunieux" et a prôné un retour à des finances équilibrées pour retrouver notre capacité d’action.
Jean Peyrelevade considère que si on ne parle pas beaucoup d’économie dans la campagne, c’est parce que la France est tournée vers elle-même : parler d’économie impliquerait de parler de la mondialisation et de dire des choses pas très agréables. Ainsi, il juge la performance de l’économie française médiocre y compris si on la compare avec les pays européens : le taux moyen de croissance a été de 1,6% seulement au cours du quinquennat. Cela explique, selon lui, que le pouvoir d’achat des salariés ne progresse pas aussi vite qu’ils le voudraient. Jean Peyrelevade a assuré que contrairement aux autres candidats, François Bayrou avait dit que notre problème était un problème d’offre et non un problème de demande. Il a estimé que c’est d’abord aux hommes politiques qui gèrent l’Etat, de faire des efforts : l’Etat a un rôle important dans l’économie et dans la société. Il est comme un entraîneur qui a obtenu de mauvais résultats ces dernières années. Il faut donc, selon lui changer le coach et le système. La première des conditions pour retrouver notre capacité d’action est d’avoir un Etat qui ait des finances équilibrées. Aujourd’hui, nous avons, selon lui, un Etat impuissant parce qu’il est impécunieux : "L’Etat n’a plus qu’une dette que nous portons à travers lui". L’Etat doit dépenser là où c’est utile : recherche, innovation, formation. Mais avec quel argent ? Il a constaté que nous dépensions ainsi 23 milliards d’euros par an pour la formation permanente et la formation professionnelle mais personne n’avait jamais audité l’efficacité des sommes investies. Dans le même temps, les chefs d’entreprise ne trouvent pas de main-d’œuvre dans le bâtiment, l’hôtellerie et la restauration. Il souhaite que l’emploi des seniors soit encouragé : la France a le taux d’activité des plus de 55 ans, le plus bas d’Europe. Cela passe, selon lui, par un effort particulier sur la formation. Jean Peyrelevade a constaté que les personnes non qualifiées ont un accès difficile à la formation alors que ce sont elles qui en ont le plus besoin et que la France a davantage de salariés non qualifiés que ses concurrents, deux fois plus que l’Allemagne par exemple.
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06.04.2007
Les procurations
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03.04.2007
"Tout change le 22 au soir !"
Jean-Christophe Lagarde à l'émission Les grandes gueules sur RMC Info
Jean-Christophe Lagarde était l'invité de l'émission de RMC, Les Grandes Gueules. L'occasion de revenir sur la suppression de l'ENA. Ces élites qui s'auto-entretiennent. L'oxygène dont le système a besoin. La légitimité de la candidature de François Bayrou. Commenter les sondages dont plus personne ne fait grand cas. De parler aux auditeurs de RMC de la dette qui nous menace. Du projet alternatif de François Bayrou.
La suppression de l'Ecole nationale d'administration est pour Jean-Christophe Lagarde une nécessité. François Bayrou l'a évoquée alors qu'il était en voyage en Outre-Mer. C'est une école ù l'on trie les élèves à vingt ans et qui deviennent une caste. Ils se voient entre eux, se reproduisent entre eux. Dominique de Villepin, Ségolène Royal, François Hollande sont sortis de l'Ecole nationale d'administration. Ces gens sont destinés à diriger le pays. Mais pourquoi seulement eux, se demande le député de la Seine-Saint-Denis. François Bayrou veut remplacer cette école par une autre sorte d'école qui ne serait consacrée qu'au services publics. Par ailleurs, une question se pose en annexe de la suppression de l'Ecole nationale d'administration, c'est l'âge limite de participation aux concours de la fonction publique. Pourquoi au-dessus de quarante-cinq ans deviendrait-on inadmissible ? On a bien plus besoin d'expérience dans les postes à responsabilités que dans tous les autres, affirme-t-il.
L'Ecole nationale d'administration reste aujourd'hui une affaire de « caste ». Dix mille personnes en France qui se partagent le pouvoir. François Bayrou martèle depuis plus de deux ans maintenant que l'on ne peut plus continuer de la sorte. Effectivement, quand des personnes sorties de cette école consacrent dix ans de leur vie au service de l'Etat, dix années à se construire un beau carnet d'adresses, elles vont aussitôt le vendre dans le secteur privé. C'est ce que l'on appelle le pantouflage. Il est temps d'y mettre fin. De plus, comment ne pas soupçonner ceux qui dirigent l'Etat de collusion avec les dirigeants des grandes entreprises quand ils proviennent des mêmes milieux, des mêmes castes.
Les énarques devraient être à la disposition des hommes politiques. C'est de leur expertise sur des dossiers que nous avons besoin. Mais à la fin des fins, c'est le politique qui tranche, pas le technicien. Et l'idée de faire venir des gens du secteur privé dans les administrations sans qu'ils aient à passer un concours pourrait aussi être à étudier. Cela implique évidemment un changement des mentalités que seule l'élection de François Bayrou pourrait provoquer. Ces gens pensent tous trop la même chose. Il faut de la diversité. Oxygéner la société française.
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