18.07.2007
F Bayrou à la rencontre des militants
Les deux amphithéâtres de l’Institut de Sciences Politiques de Lyon étaient trop petits pour accueillir la foule des adhérents UDF-MoDem des régions Rhône-Alpes et Auvergne. En présence de Michel MERCIER, Anne-Marie COMPARINI et Muguette DINI, François BAYROU a donné le meilleur de lui-même pour « parler au cœur » de tous ceux qui espèrent en lui. Il s’est adressé, tout d’abord aux élus locaux, départementaux et régionaux avant de répondre aux questions, toujours d’une profondeur et d’une qualité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.C’est à huis clos que s’est, une nouvelle fois, déroulée cette rencontre pour laquelle, vous trouvez également un résumé en vidéo, sur ce site.
François BAYROU est tout d’abord revenu sur les raisons qui, selon lui, explique l’étonnante campagne présidentielle que nous avons réalisée : nous avons pris conscience, avant tout le monde que les repères « droite/gauche » étaient dépassés. Cela était de même nature que les conflits entre les catholiques et les laïcs, subis pendant de nombreuses années et qui avaient fini par cesser malgré le sentiment porté par beaucoup de l’impossibilité de faire sauter les barrières.Evoquant l’étonnant développement du MoDem, François BAYROU s’est réjoui de l’arrivée massive de personnes qui « voulaient changer le monde », c’est d’ailleurs bien pour cela qu’il a donné sa vie à la politique, rappelant, au passage qu’il avait été à la fondation de trois autres partis qui avaient ceci en commun de comprendre toujours dans leur nom, le mot « démocrate », ce qui est préférable à « centre » qui ne fait référence qu’à un positionnement alors que ce qui compte, c’est que le citoyen soit bien associé aux choix et que sa réflexion soit tirée vers le haut. C’est d’ailleurs tout le défi de la construction de ce nouveau parti qui nous est lancé : nous devons réunir des personnes qui ont, certes, une histoire différente mais, à coup sûr, un avenir commun.
Nul doute qu’en travaillant ensemble, nous apprendrons à nous connaître et à nous apprécier et ceci, dès les 13,14, 15 et 16 septembre, lors de la tenue des assises de la démocratie mais également à l’occasion du congrès fondateur du MoDem, fin octobre/ début novembre. Nous approuverons ainsi l’écriture des statuts, de la charte des valeurs et de la charte éthique et de comportement, rendue nécessaire après les changements de cap de plusieurs élus, sources de blessures personnelles pour nombre de militants.
Concernant les prochaines élections municipales, François BAYROU a évoqué la possibilité d’établir des contrats locaux, en vue d’éventuelles alliances avec d’autres formations politiques, à condition que cela soit en phase et en cohérence avec notre charte des valeurs.
La première question provenant de la salle permit à François BAYROU d’évoquer sa vieille idée de création d’une « université populaire du MoDem », dans laquelle chacun pourrait suivre un cursus, suivant son niveau et ses centres d’intérêt. De grands spécialistes, proches de notre mouvement, pourraient y enseigner.
Des difficultés propres à certaines fédérations ont été évoquées ; les référents désignés prochainement auront la charge d’y remédier, dans quelques jours.
A la question de savoir en quoi notre projet se distingue de celui de Nicolas SARKOZY, François BAYROU a parlé de méthode, tout d’abord, car nous proposions des rassemblements et non des ralliements. Nous voulions également nous adresser à ce qui fait la conscience et la responsabilité des citoyens et non en appuyant sur les instincts les plus négatifs. Pour nous, l’argent ne sera jamais la valeur suprême et le but à atteindre est « l’épanouissement, dans chaque femme ou homme de ce qu’il y a de plus humain ».
« La construction européenne semble en panne », a regretté cet adhérent de Haute-Loire qui reconnait venir de droite, « de loin, à droite » et ce qui a motivé sa présence à Lyon, c’est François BAYROU et son message responsable, spécialement pour dénoncer l’arrêt de la lutte énergique contre la dette et les déficits. « Nos partenaires qui réalisent de gros efforts, ne vont pas accepter que nous levions le pied…leur opposition nationale va les faire réagir, à coups sûrs contre notre laxisme »,prédit notre président national.
La dernière question a porté sur l’ambition : « la charte éthique suffira-t-elle ? ». « Je suis humaniste, pas angélique ! », a répondu François BAYROU qui a reconnu que « l’ambition, si elle ne remplace pas la compétence ou la générosité, n’était pas à exclure. J’espère, en fait, qu’il y aura beaucoup d’ambition pour nous faire gagner et être plus forts. »
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08.07.2007
Bayrou voit dans l'ouverture de Sarkozy une "mystification"
22:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.06.2007
Un point de vue intéressant
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, de nouveaux oracles s’épuisent à déceler des vertus insoupçonnées à la concentration des pouvoirs exécutif et législatif dans une seule main. Se félicitant de cet état de fait, ils estiment que nous sommes en train de faire l’expérience d’un régime présidentiel. Mais qu’en est-il vraiment ?
Depuis sa prise de fonction, nous assistons à la mise en scène d’un Président omniprésent qui dissimule derrière un discours d’ouverture partisane le nivellement des opinions politiques divergentes. La création de nouveaux partis satellites de l’UMP intégrant les recrues de la dernière heure cache à peine leur inféodation au Président et à son parti.
Le calendrier électoral et le mode de scrutin pour les élections législatives ont toujours favorisé la surreprésentation des grands courants politiques au sein de l’Assemblée Nationale. Une fois de plus, on voit l’écrasement de toutes les autres forces exprimées lors de la présidentielle, même si la vague bleue n’est pas aussi déferlante qu’on aurait pu le croire.
Au-delà des préférences partisanes, il est important de s’interroger sur les implications de cette situation pour la pratique de notre démocratie et donc sur la nature de notre régime politique. La majorité absolue qu’obtient le parti du Président au sein de l’Assemblée Nationale et du Sénat suffit-elle à présidentialiser nos Institutions ?
Dans les régimes présidentiels classiques, comme aux Etats-Unis, il existe une séparation stricte des pouvoirs exécutif et législatif. Leurs sphères de compétences sont clairement délimitées, et ils s’équilibrent mutuellement par le jeu d’un système de contre-pouvoirs. Enfin, le calendrier électoral permet de dissocier le choix des représentants de la Nation de celui du Président. Cela garantit une représentation plus juste de l’opinion des citoyens.
Or, en France, notre Constitution permet au pouvoir exécutif d’empiéter sur ce qui devrait être le domaine réservé du Parlement : l’élaboration des lois. Cette confusion des pouvoirs a réduit de fait le Parlement à une simple chambre d’enregistrement, le gouvernement étant à l’initiative de plus de 90% des lois, quand il ne gouverne pas par décret ou par ordonnance. La justification de l’existence du Parlement réside en deux points essentiels inscrits dans la Constitution : d’abord le vote des lois en toute indépendance, ensuite le contrôle du gouvernement. Il est indispensable que les Parlementaires, quelle que soit leur étiquette, préservent cette précieuse liberté, garante du bon fonctionnement de notre démocratie. C’est pourquoi l’article 26 proscrit formellement le mandat impératif.
Pourtant, l’UMP et ses affidés tentent de remettre en cause cette indépendance et veulent même la faire apparaître comme une incongruité. Cela revient à bafouer notre démocratie en lui préférant une monarchie élective, dans laquelle tous ceux qui veulent profiter des bienfaits du monarque se comportent en courtisans, au mépris de leurs électeurs.
Comment dès lors, accepter le discours que l’on nous assène sans relâche, et relayé dans tous les médias ?
Il est donc impératif de revenir à l’application exacte de notre Constitution et de restaurer le Parlement dans ses prérogatives.
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ARIS (Reuters) - François Bayrou a vu dimanche une forme de "mystification" dans l'ouverture politique pratiquée par Nicolas Sarkozy, comparant l'agitation régnant autour du chef de l'Etat à celle d'un "bocal de poissons rouges dans lequel on aurait plongé un piranha".